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Le 18 juillet 2013, à quelques centaines de mètres de la ligne, un coureur français lève les bras dans les lacets de l’Alpe d’Huez pendant que la foule se referme derrière lui. Christophe Riblon est un ancien coureur cycliste français, né le 17 janvier 1981 à Tremblay-en-France, qui a remporté deux étapes du Tour de France en treize saisons professionnelles : Ax 3 Domaines en 2010, puis l’Alpe d’Huez en 2013. Deux bouquets, pas un de plus. Et pourtant, une place à part dans la mémoire collective du cyclisme français.
- Deux victoires d’étape sur le Tour de France : Ax 3 Domaines (2010) et l’Alpe d’Huez (2013).
- Toute sa carrière professionnelle, de 2005 à 2017, sous le seul maillot d’AG2R La Mondiale.
- Deux médailles d’argent mondiales sur piste, une facette largement oubliée de son parcours.
Qui est Christophe Riblon, le grimpeur de Tremblay-en-France ?
Christophe Riblon est un pur produit de la banlieue nord de Paris, né le 17 janvier 1981 à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis. Rien de très alpin, donc, dans son berceau. Il devient pourtant l’un des grimpeurs les plus offensifs de sa génération.
Sa carrière tient en une seule adresse. De 2005 à 2017, il court sous les couleurs d’AG2R La Mondiale, sans jamais changer d’équipe. Treize saisons chez le même employeur : dans un peloton professionnel où les contrats se renégocient tous les deux ans, la fidélité relève presque de l’anomalie.
Son registre, c’est l’échappée longue et la montagne. Pas le sprint, pas le chrono. Un coureur de tempérament, capable de passer une journée entière devant, parfois pour rien — et une fois, pour l’essentiel.
Pourquoi la victoire de Christophe Riblon à l’Alpe d’Huez reste-t-elle un sommet ?
Parce qu’elle réunit, en une heure de course, tout ce qu’un Tour de France peut produire de plus spectaculaire. La 18e étape de l’édition 2013 — la centième — franchit l’Alpe d’Huez deux fois dans la même journée, via le col de Sarenne. Un scénario inédit.
Dans la seconde ascension, l’Américain Tejay van Garderen part seul et semble intouchable. Riblon revient. Le dépasse. Et finit avec près d’une minute d’avance. Ce sera la seule victoire française de ce centième Tour, ce qui, au fond, explique l’ampleur de l’emballement médiatique qui a suivi.
Deux ans plus tard, il décrivait la scène à franceinfo avec des mots de spectateur plus que de coureur : « J’ai cette vision du public qui devant nous et qui s’écarte au dernier moment. » Et cette phrase, presque enfantine : « Dans cinquante ou cent ans, dans les livres d’histoire du Tour il y aura Riblon écrit. » (franceinfo, 25 juillet 2015)
Le jury lui décerne également le Prix de la combativité du Tour de France 2013, récompensant l’ensemble de sa quinzaine. Une distinction qui dit bien la nature du coureur : plus attaquant que comptable.
Que vaut vraiment le palmarès de Christophe Riblon ?
Il est court en nombre, mais dense en altitude. Cinq victoires professionnelles répertoriées, dont deux sur la plus grande course du monde — un ratio que beaucoup de coureurs plus prolifiques n’atteindront jamais.
| Année | Victoire | Remarque |
|---|---|---|
| 2007 | Grand Prix de la Somme | Première victoire pro |
| 2010 | Boucles du Sud Ardèche | Terrain accidenté |
| 2010 | Tour de France, 14e étape | Arrivée à Ax 3 Domaines |
| 2013 | Tour de Pologne, 2e étape | 3e du général final |
| 2013 | Tour de France, 18e étape | L’Alpe d’Huez + Prix de la combativité |
Sur le classement général, en revanche, il n’a jamais visé le podium. Huit participations au Tour de France entre 2008 et 2015, avec une meilleure place d’ensemble en 2010 : 28e, selon les données de Wikipédia. Le chiffre paraît modeste. Il l’est. Mais il raconte un choix assumé — chasser l’étape plutôt que grappiller des minutes.
Ce profil de baroudeur-grimpeur le rapproche d’autres figures françaises de la même décennie, à commencer par Sylvain Chavanel, autre spécialiste des longues offensives, ou du Belge Philippe Gilbert sur un registre plus classique.
Et sur la piste ? Deux médailles mondiales largement oubliées
C’est la donnée qui surprend presque tout le monde : Christophe Riblon a été deux fois vice-champion du monde sur piste. Argent en course aux points en 2008, puis argent en américaine en 2010, associé à Morgan Kneisky.
Il dispute aussi les Jeux olympiques de Pékin en 2008. Autrement dit, le grimpeur de l’Alpe d’Huez a d’abord construit sa caisse sur un anneau en bois, loin des lacets alpins. Deux mondes, un même moteur.
Que fait Christophe Riblon aujourd’hui ?
Il est passé de l’autre côté de la caméra et du volant. Faute de contrat pour 2018, Christophe Riblon met un terme à sa carrière de coureur fin 2017, à 36 ans, puis devient consultant cyclisme pour la chaîne L’Équipe.
En parallèle, il se forme à l’encadrement sportif — diplôme DEJEPS à la clé — et rejoint l’encadrement du VC Rouen 76, club de Division Nationale 1, comme directeur sportif adjoint.
Sa parole, elle, reste écoutée. Interrogé par Cyclism’Actu le 23 juillet 2026, il s’enflammait pour la nouvelle génération française : « On a avec Paul Seixas un Pogacar Français ! », avant d’ajouter, lucide sur sa propre place : « Je n’ai rien à lui conseiller. Il a un talent incroyable, bien supérieur au mien. » Une humilité qui, chez lui, n’a jamais eu l’air d’une posture.
À retenir
- Christophe Riblon, né le 17 janvier 1981 à Tremblay-en-France, a couru toute sa carrière pro chez AG2R La Mondiale (2005-2017).
- Deux victoires d’étape sur le Tour de France : Ax 3 Domaines en 2010, l’Alpe d’Huez le 18 juillet 2013.
- Sa victoire de 2013 fut l’unique succès français du centième Tour de France.
- Vice-champion du monde sur piste en 2008 (course aux points) et 2010 (américaine), olympien à Pékin.
- Aujourd’hui consultant pour la chaîne L’Équipe et directeur sportif adjoint au VC Rouen 76.
Foire aux questions
Combien d’étapes du Tour de France Christophe Riblon a-t-il gagnées ?
Deux. La 14e étape de l’édition 2010, avec une arrivée au sommet d’Ax 3 Domaines dans les Pyrénées, et la 18e étape de l’édition 2013 à l’Alpe d’Huez.
Qui Christophe Riblon a-t-il battu à l’Alpe d’Huez en 2013 ?
L’Américain Tejay van Garderen, parti seul dans la seconde ascension de l’Alpe. Riblon est revenu sur lui dans les derniers kilomètres et l’a devancé d’environ une minute sur la ligne.
Christophe Riblon a-t-il changé d’équipe durant sa carrière ?
Non. C’est l’une des particularités de son parcours : il a porté le maillot d’AG2R La Mondiale de 2005 à 2017, sans jamais courir pour une autre formation professionnelle.
Journaliste passionnée, Nathalie décrypte l’actualité de sport-news.fr au quotidien. Des résultats de compétitions aux conseils d’entraînement, elle transforme les tendances du sport en guides accessibles pour tous les pratiquants. Son crédo : une information fiable et un équipement bien choisi pour performer toute l’année.

