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Dix-huit fois, Sylvain Chavanel a signé la feuille de départ du Tour de France : c’est le record absolu de participations, établi entre 2001 et 2018 sans jamais manquer une seule édition. Trois victoires d’étape, deux jours en jaune, un prix de la combativité en 2008 puis en 2010. Le coureur de Châtellerault n’a jamais fini dans les quinze premiers du général. Il a pourtant marqué la course plus durablement que bien des vainqueurs d’étape prolifiques. Le paradoxe tient en un mot : la constance.
Ce qu’il faut retenir
- 18 participations consécutives au Tour de France (2001-2018), record toujours en vigueur.
- 6 titres de champion de France du contre-la-montre, un record national, plus le titre sur route en 2011.
- 45 victoires professionnelles en dix-neuf saisons, dont le Grand Prix de Plouay 2014, son unique succès sur une classique World Tour.
Pourquoi Sylvain Chavanel détient-il le record du Tour de France ?
Parce qu’il a pris dix-huit départs d’affilée, de 2001 à 2018, sans jamais être écarté par une sélection, une blessure au mauvais moment ou un changement d’équipe mal négocié. En 2017, il égalait les dix-sept participations de Jens Voigt. Un an plus tard, à 39 ans, il devenait le premier coureur de l’histoire à en compter dix-huit.
Ce chiffre dit surtout autre chose. Sur ces dix-huit Tours, Sylvain Chavanel n’a abandonné qu’une fois, en 2012, lors de la quinzième étape, miné par une bronchite. Il y a eu un retrait d’équipe en 2007, quand Cofidis a quitté la course. Le reste du temps, il est allé au bout. Sa meilleure place au classement général reste une dix-huitième position en 2009 — modeste, au fond, pour un coureur longtemps présenté comme le plus grand espoir du cyclisme français.
Le prix à payer n’a rien d’abstrait. En 2011, une chute dans la cinquième étape lui luxe l’épaule droite. Au bord de l’abandon deux jours durant, il termine quand même le Tour, à la 61e place, en tentant encore de s’échapper. C’est cette obstination, plus que ses classements, qui a construit le record.
Quel est le palmarès de Sylvain Chavanel ?
Quarante-cinq victoires professionnelles, réparties sur dix-neuf saisons, entre courses par étapes, classiques flandriennes, contre-la-montre et titres nationaux. Le tableau ci-dessous reprend les lignes les plus marquantes.
| Année | Performance majeure | Détail |
|---|---|---|
| 2008 | À travers les Flandres + Flèche brabançonne | Deux succès en solitaire à quatre jours d’intervalle |
| 2008 | 19e étape du Tour de France, à Montluçon | Vélo d’or français la même année |
| 2010 | 2e et 7e étapes du Tour de France | Maillot jaune pendant deux jours, prix de la combativité |
| 2011 | Champion de France sur route | Boulogne-sur-Mer, 25 km de résistance devant Thomas Voeckler |
| 2012 et 2013 | Trois Jours de La Panne | Premier Français inscrit au palmarès de l’épreuve |
| 2014 | Grand Prix de Plouay | Sa seule victoire sur une classique World Tour |
| 2016 | Champion d’Europe de poursuite par équipes | Sur piste, à 37 ans, à Saint-Quentin-en-Yvelines |
À retenir
- Trois victoires d’étape sur le Tour de France : une en 2008, deux en 2010.
- Deux prix de la combativité, en 2008 et en 2010.
- Deux titres de champion du monde du contre-la-montre par équipes, avec Omega Pharma-Quick Step, en 2012 et 2013.
- Numéro un mondial du classement UCI du 17 au 22 mars 2013, soit cinq jours au sommet du cyclisme mondial.
Comment Sylvain Chavanel est-il devenu six fois champion de France du contre-la-montre ?
En transformant un exercice ingrat en spécialité personnelle, sur une décennie entière. Ses titres nationaux du chrono tombent en 2005, 2006, 2008, puis 2012, 2013 et 2014. Six sacres : le record français, devant les quatre d’Eddy Seigneur — devenu, ironie du calendrier, son directeur sportif. Les trois derniers sont consécutifs, une série que les deux hommes se partagent.
Le plus révélateur reste l’édition 2013, à Lannilis : plus de deux minutes d’avance sur le deuxième, Jérémy Roy. À ce niveau, un tel écart sur un championnat national relève presque de l’anomalie. Deux jours plus tard, il terminait deuxième de la course en ligne derrière Arthur Vichot.
Cette régularité chronométrée explique aussi ses passages en tête de course sur les grands tours. Maillot jaune sur Paris-Nice en 2008 puis en 2009, maillot or du Tour d’Espagne pendant une journée en 2008, maillot rouge pendant quatre jours en 2011. Toujours des prises de pouvoir courtes, toujours arrachées à l’offensive. « Je suis un attaquant, j’ai envie de provoquer, de mettre le bordel dans le peloton », résumait-il dans un entretien à L’Humanité. La formule vaut programme.
Ses deux plus belles occasions manquées se situent ailleurs. Au Tour des Flandres 2011, il échoue pour une demi-roue face à Nick Nuyens. À Milan-San Remo 2013, course amputée de plus de cinquante kilomètres à cause de la neige, il passe le Poggio en tête avant d’être repris et de finir quatrième. Deux monuments, deux fois si près. Comme Adam Yates, ce leader qui a longtemps choisi l’ombre, Chavanel a passé sa carrière à un souffle des plus grands rendez-vous.
Que fait Sylvain Chavanel depuis la fin de sa carrière ?
Il a raccroché le 14 octobre 2018, avec une cinquième place au Chrono des Nations, puis il a ouvert plusieurs chapitres en parallèle. Dès l’été 2019, il devient consultant pour L’Équipe sur le Tour de France, avec une émission quotidienne consacrée à l’étape du jour. Le même printemps, il remporte l’étape reine du Titan Desert, une course de VTT à travers le Maroc — histoire de vérifier que les jambes suivaient encore.
La bifurcation la plus inattendue date d’août 2020 : la presse révèle qu’il se lance dans une carrière de driver hippique. En 2021, il devient par ailleurs ambassadeur du Tour de France pour ASO. À sa retraite, il évoquait aussi l’idée de monter un jour sa propre équipe professionnelle, basée en Nouvelle-Aquitaine, sa région d’origine. Le projet n’a pas abouti à ce jour.
Reste l’essentiel, qui n’a rien d’un classement. Chavanel a déclaré sur France 3 être surtout fier d’être considéré comme un coureur de panache — celui qui attaque, anime, et rend la course lisible pour ceux qui la regardent depuis le bord de la route. Le cyclisme français continue d’en produire, de ces coureurs patients qui attendent leur jour aux offensifs de métier. Peu ont tenu dix-huit ans.
Sylvain Chavanel, une famille et des racines espagnoles
Né le 30 juin 1979 à Châtellerault, dans la Vienne, Sylvain Chavanel a grandi au milieu des vélos. Ses quatre frères en ont tous fait : Sébastien, le cadet né en 1981, est passé professionnel en 2003 ; Frédéric, Bertrand et Cyril ont pratiqué en amateur. Leur oncle Michel a présidé le Comité régional de cyclisme du Poitou-Charentes.
Ses arrière-grands-parents venaient de Huesca, en Aragon. Son grand-père est né à Barcelone avant de rejoindre Châtellerault pendant la guerre civile espagnole. « En dépit de mes origines, je connais à peine un mot d’espagnol », confiait-il en 2008, après avoir rencontré une cousine à Saragosse lors d’un passage de la Vuelta.
Il commence le vélo à huit ans, abandonne pour le football, y revient à douze. Et se souvient d’un déclic précis : le jour où il a battu son frère aîné Frédéric chez les cadets, alors que celui-ci était meilleur que lui. Pas si anodin, pour une carrière qui s’est ensuite construite sur la répétition plutôt que sur l’éclair.
Foire aux questions
Quel est le record de participations au Tour de France de Sylvain Chavanel ?
Dix-huit participations consécutives, de 2001 à 2018. Il est le premier coureur de l’histoire à atteindre ce total et détient toujours le record.
Combien d’étapes du Tour de France Sylvain Chavanel a-t-il gagnées ?
Trois : la 19e étape en 2008 à Montluçon, puis les 2e et 7e étapes en 2010. Ces deux succès de 2010 lui ont permis d’endosser le maillot jaune à deux reprises, pour un total de deux jours.
Quel âge a Sylvain Chavanel en 2026 ?
Né le 30 juin 1979, il a 47 ans. Il est retraité du peloton professionnel depuis octobre 2018.
Journaliste passionnée, Nathalie décrypte l’actualité de sport-news.fr au quotidien. Des résultats de compétitions aux conseils d’entraînement, elle transforme les tendances du sport en guides accessibles pour tous les pratiquants. Son crédo : une information fiable et un équipement bien choisi pour performer toute l’année.

