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Douze semaines. C’est tout ce qu’Ana Ivanović aura passé au rang de numéro 1 mondiale du tennis, à l’été 2008, juste après avoir soulevé la Coupe Suzanne-Lenglen à Roland-Garros. Un seul titre du Grand Chelem, une seule saison au sommet, puis une longue descente. La Serbe avait 20 ans. Elle en aura 29 quand, le 28 décembre 2016, un message Facebook mettra un point final à treize saisons professionnelles. Entre les deux, une des trajectoires les plus commentées du circuit féminin.
Ce qu’il faut retenir
- Un seul titre du Grand Chelem : Roland-Garros 2008, remporté face à Dinara Safina.
- 12 semaines au rang de numéro 1 mondiale, toutes concentrées sur la saison 2008.
- 15 titres WTA, 480 victoires sur le circuit et 15 510 787 $ de gains en tournois avant une retraite prise à 29 ans.
Qui est Ana Ivanović, la joueuse de tennis serbe devenue numéro 1 mondiale ?
Ana Ivanović est une joueuse de tennis serbe née le 6 novembre 1987 à Belgrade, professionnelle de 2003 à 2016, championne de Roland-Garros 2008 et première Serbe à occuper la première place du classement WTA. Quinze titres WTA en simple, trois finales de Grand Chelem, une retraite à 29 ans : le bilan tient en une ligne, mais il raconte mal l’histoire.
Elle appartient à cette génération dorée du tennis serbe qui a émergé au milieu des années 2000, aux côtés de Jelena Janković et de son ami d’enfance Novak Djokovic. Trois joueurs d’un pays de sept millions d’habitants, sortis à peu près en même temps, tous trois passés par le sommet du classement mondial. Statistiquement, c’est presque une anomalie.
Son jeu ? Une prise de risque permanente. Du haut de ses 1,84 m, Ivanović cherchait à clore l’échange en une ou deux frappes, service puissant puis coup droit décroisé. Amélie Mauresmo, qui l’affronte dès 2005 alors que la Serbe n’a que 17 ans, résume : « elle aime prendre la balle tôt, mettre de la pression et de la lourdeur dans les frappes ». Sa Russe de rivale Nadia Petrova, la même année, note autre chose : « Ivanović mesure une tête de plus que la plupart d’entre nous, cela lui donne plus de force au service ». À Roland-Garros, elle a envoyé une première balle à 201 km/h.
Comment Ivanović a-t-elle appris le tennis dans une piscine vide ?
Le tennis entre dans la vie d’Ana Ivanović par une publicité télévisée. Elle a 4 ans, voit passer le spot d’un club de Belgrade, réclame des cours. Son père Miroslav, homme d’affaires, lui offre une raquette pour ses 5 ans. Le modèle, c’est Monica Seles — une autre gauchère du cru yougoslave, alors au sommet.
Le décor, lui, est beaucoup moins photogénique. Les courts manquent, le pays est en guerre : Ivanović apprend à frapper dans une piscine olympique vidée de son eau, reconvertie en salle de fortune. En 1999, pendant les bombardements de l’OTAN sur la Serbie, elle se lève avant l’aube pour s’entraîner : les frappes le matin, les sirènes le reste de la journée.
À 12 ans, la famille bascule. Sa mère Dragana, avocate aux douanes, quitte son emploi pour la suivre sur les tournois. Un an plus tard, un fonds d’investissement finance ses frais en échange d’un pourcentage futur — un contrat que signeront aussi d’autres futures joueuses du top 20. À 16 ans, elle quitte Belgrade pour la Suisse. La même année, elle passe professionnelle.
Pourquoi Roland-Garros 2008 a-t-il fragilisé Ivanović au lieu de la lancer ?
Parce que ce titre a transformé une joueuse en promesse permanente. En juin 2008, Ivanović bat Dinara Safina en finale Porte d’Auteuil, venge sa défaite de l’année précédente contre Justine Henin au même stade, et prend la place de numéro 1 mondiale dans la foulée. À 20 ans, elle est la joueuse de l’année pour l’Association internationale de la presse sportive.
Puis plus rien. Ou presque. Après juin 2008, Ana Ivanović n’a plus jamais atteint la finale d’un tournoi du Grand Chelem — pas une seule fois en huit saisons. Blessures à répétition, lancer de balle qui déraille au service, entraîneurs qui se succèdent sans jamais réparer la mécanique. En 2009, elle lâche à la presse serbe une phrase rare chez une ancienne numéro 1 : « Il est temps pour moi de prendre un peu de recul. Je veux provisoirement oublier le tennis. »
Son revers à deux mains, point faible identifié très tôt, devient une cible. Son coup droit, que Petrova jugeait en 2007 « de loin le meilleur du circuit », reste une arme — mais une arme qui exige une confiance que la Serbe n’a plus. Au fond, la même agressivité qui l’avait portée au sommet la rendait incapable de gérer les mauvais jours.
Le sursaut viendra tard : en 2014, elle remporte quatre tournois, se qualifie pour le Masters et termine l’année au 5e rang mondial. Son quinzième et dernier titre WTA, à Tokyo, date de cette saison-là. En 2015, elle atteint encore une demi-finale à Roland-Garros, battue 7-5, 7-5 par Lucie Šafářová. C’était son dernier grand rendez-vous.
Que vaut le palmarès d’Ana Ivanović au tennis ?
Il est court en Grand Chelem, mais dense sur le circuit. Ivanović a remporté 15 de ses 23 finales WTA et compte 480 victoires en treize saisons professionnelles.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Titre du Grand Chelem | Roland-Garros 2008 (face à Dinara Safina) |
| Finales de Grand Chelem perdues | Roland-Garros 2007, Open d’Australie 2008 |
| Semaines n°1 mondiale | 12, toutes en 2008 |
| Titres WTA en simple | 15 (sur 23 finales disputées) |
| Victoires sur le circuit | 480 en 13 saisons |
| Gains en tournois | 15 510 787 $ |
À noter : elle est aussi la première joueuse serbe à avoir gagné un match lors d’une finale de Fed Cup, en 2012, en battant Petra Kvitová alors 8e mondiale. Son bilan en sélection s’établit à 20 victoires pour 9 défaites.
Combien la carrière d’Ivanović lui a-t-elle rapporté ?
15 510 787 dollars de gains en tournois, selon les chiffres de la WTA. Et pourtant, ce n’est pas là qu’elle a gagné le plus. Le chiffre qui surprend est ailleurs : en 2010, Ivanović signe avec adidas un « contrat à vie » évalué à 2,5 millions d’euros par an pour le reste de sa carrière sportive. Elle devient alors la plus jeune athlète de l’histoire, tous sports confondus, à obtenir un accord de ce type.
Rolex depuis 2008, Yonex pour les raquettes, Shiseido à partir de 2015 : l’ancienne numéro 1 a longtemps figuré parmi les sportives les mieux rémunérées de son époque. Elle a d’ailleurs critiqué publiquement un système qui valorise autant l’image que les résultats — position singulière pour quelqu’un qui en a largement bénéficié.
Que fait Ana Ivanović depuis sa retraite du tennis ?
Elle s’est retirée du circuit, pas de la scène. Deux mois après l’annonce de sa retraite, le président serbe Tomislav Nikolić lui remet l’ordre de l’Étoile de Karageorge, l’une des plus hautes distinctions du pays. En 2017, Roland-Garros organise entre les deux demi-finales du tableau féminin une cérémonie d’adieu sur le Central.
Ambassadrice nationale de l’UNICEF pour la Serbie depuis le 14 septembre 2007, élue Humanitaire de l’année par la WTA en 2008, elle poursuit son engagement sur l’éducation et la protection de l’enfance. Côté vie privée, elle a épousé le footballeur international allemand Bastian Schweinsteiger le 12 juillet 2016 à Venise ; le couple, installé un temps à Chicago, s’est séparé en 2025.
Si vous voulez comprendre ce qui faisait la force de son jeu, deux fondamentaux valent le détour : les techniques pour réussir son coup droit au tennis, son arme maîtresse, et le break au tennis, ce moment de bascule qu’elle savait provoquer mieux que personne quand la confiance était là.
À retenir
- Ana Ivanović a gagné Roland-Garros en 2008 et n’a plus jamais atteint une finale de Grand Chelem ensuite.
- Ses 12 semaines de règne au classement WTA tiennent toutes dans la seule saison 2008.
- Son contrat adidas à vie (2,5 M€/an dès 2010) lui a rapporté davantage, en proportion, que ses gains sur le court.
- Elle a appris le tennis dans une piscine olympique vide, en pleine guerre, et s’entraînait à l’aube pendant les bombardements de 1999.
Foire aux questions
Combien de Grands Chelems Ana Ivanović a-t-elle gagnés au tennis ?
Un seul : Roland-Garros, en 2008, face à Dinara Safina. Elle a également disputé deux autres finales majeures, à Roland-Garros en 2007 et à l’Open d’Australie en 2008, toutes deux perdues.
Pourquoi Ana Ivanović a-t-elle arrêté le tennis à 29 ans ?
Elle a annoncé sa retraite le 28 décembre 2016 sur son compte Facebook, en invoquant des problèmes physiques récurrents — notamment une fracture d’un orteil et une blessure au poignet — qui l’empêchaient de jouer à son meilleur niveau.
Ana Ivanović a-t-elle été numéro 1 mondiale ?
Oui, en 2008, après son titre à Roland-Garros. Elle est restée douze semaines à la première place du classement WTA et fut la première joueuse serbe à y accéder.
Sources : fiche officielle WTA d’Ana Ivanovic, notice biographique de référence.
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