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Philippe Gilbert a remporté cinq Monuments, un titre de champion du monde et quelque quatre-vingts victoires en vingt saisons professionnelles, sans jamais gagner Milan-San Remo. Le Belge, né le 5 juillet 1982 à Verviers, reste à ce jour l’un des cinq coureurs de l’histoire à avoir gagné au moins quatre des cinq Monuments. Et pourtant, la ligne manquante à son palmarès l’obsède moins, aujourd’hui, que son emploi du temps de retraité.
Ce qu’il faut retenir
- Quatre Monuments différents remportés : Lombardie (2009, 2010), Liège-Bastogne-Liège (2011), Tour des Flandres (2017), Paris-Roubaix (2019).
- Champion du monde sur route en 2012 à Valkenburg, sur le Cauberg, la bosse qui l’avait déjà sacré à l’Amstel.
- Consultant Eurosport depuis février 2023, organisateur de courses, et une FTP tombée de 400 à moins de 300 watts.
Quel est le palmarès de Philippe Gilbert ?
Le palmarès de Philippe Gilbert tient en une poignée de chiffres qui résument mal la manière. Vingt saisons chez les professionnels, de 2003 à 2022. Environ quatre-vingts victoires. Onze étapes de grands tours : une sur le Tour de France en 2011, trois sur le Giro, sept sur la Vuelta. Un maillot arc-en-ciel. Et cinq succès sur quatre Monuments différents.
| Course | Années | Statut |
|---|---|---|
| Tour de Lombardie | 2009, 2010 | Monument |
| Liège-Bastogne-Liège | 2011 | Monument |
| Tour des Flandres | 2017 | Monument |
| Paris-Roubaix | 2019 | Monument |
| Championnat du monde sur route | 2012 | Titre mondial |
| Amstel Gold Race | 2010, 2011, 2014, 2017 | Classique World Tour |
| Flèche Wallonne | 2011 | Classique World Tour |
Ses employeurs racontent aussi une trajectoire. La Française des Jeux d’abord, de 2003 à 2008, où il apprend le métier dans une équipe française. Puis Silence-Lotto et Omega Pharma-Lotto, de 2009 à 2011, ses trois saisons de démesure. BMC Racing ensuite, de 2012 à 2016, avec le maillot arc-en-ciel sur les épaules. Quick-Step de 2017 à 2019, la deuxième jeunesse. Lotto-Soudal enfin, pour boucler la boucle jusqu’en 2022.
Comment Philippe Gilbert a-t-il dominé le printemps 2011 ?
En avril 2011, Philippe Gilbert a gagné quatre courses en dix jours. La Flèche brabançonne, l’Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège. Dans l’ordre. Sans jamais laisser à un rival le temps de comprendre ce qui se passait.
Le triplé ardennais — Amstel, Flèche, Liège la même année — n’avait été réussi qu’une seule fois avant lui, par Davide Rebellin en 2004. À Liège, il règle les frères Schleck au sprint, ce qui n’était pas exactement le scénario écrit d’avance. Sur l’ensemble de la saison, il compte dix-huit victoires, plus que n’importe quel coureur du peloton professionnel cette année-là, et termine numéro un du classement UCI World Tour.
C’est aussi en 2011 qu’il remporte la première étape du Tour de France, au Mont des Alouettes, et endosse le maillot jaune. Un coureur de classiques en jaune : la scène a quelque chose d’incongru, et elle dit assez bien le registre très large dont il disposait à ce moment-là. Ceux qui s’intéressent à la mécanique de ces grandes courses mythiques du cyclisme savent que peu de profils peuvent basculer d’une bosse ardennaise à un sprint en côte sur le Tour.
Pourquoi Milan-San Remo a-t-elle échappé à Philippe Gilbert ?
Philippe Gilbert n’a jamais gagné Milan-San Remo, et il s’en est approché deux fois : troisième en 2008, troisième à nouveau en 2011. La Primavera est la plus longue des classiques, près de trois cents kilomètres, et la plus cruelle pour les puncheurs. Tout se joue sur le Poggio, puis sur deux kilomètres de descente et une ligne droite qui favorise les sprinteurs survivants.
Le paradoxe est savoureux. L’homme qui gagnait sur les murs les plus raides du calendrier a buté sur la bosse la plus douce. Au fond, San Remo demande moins de puissance que de patience, et ce n’était pas tout à fait son terrain de jeu mental.
Le reste, il l’a pris. Le Tour des Flandres 2017 avec une échappée solitaire de cinquante-cinq kilomètres, un numéro qui reste dans les mémoires du cyclisme flandrien. Puis Paris-Roubaix en 2019, réglé au sprint sur la piste du vélodrome devant l’Allemand Nils Politt, qui découvrait ce jour-là ce que coûte un finish à deux face à un ancien champion du monde.
Que fait Philippe Gilbert depuis sa retraite ?
Depuis février 2023, Philippe Gilbert est consultant pour Eurosport, où il commente les classiques et participe à l’émission « Les Rois de la Pédale ». Il a disputé sa dernière course à Paris-Tours en octobre 2022, terminant vingt-septième, sans cérémonie particulière.
La suite ressemble peu à une retraite. Il organise depuis 2017 une course juniors qui porte son nom, a passé son examen UCI, gère la sécurité, cherche des sponsors, sélectionne les équipes. Il a également lancé la Philippe Gilbert Cauberg Classic, clin d’œil à la bosse néerlandaise où il a tout gagné. Et il tient un magasin de vélos.
« Mon agenda est plus rempli que lorsque j’étais coureur, j’ai moins de temps libre », confiait-il à La Dernière Heure en avril 2026. Dans le même entretien, il livre un chiffre que peu d’anciens champions acceptent de donner : « J’ai perdu 90 % de mon niveau pro, ma FTP est passée de plus de 400 watts à moins de 300 watts. » Quatre ans après l’arrêt, le moteur a fondu de plus d’un quart.
Son atelier, lui, reste connecté au très haut niveau. « On a la chance d’avoir une vingtaine de coureurs pros qui viennent régulièrement régler leur vélo, dont Tadej Pogacar », explique-t-il. Le champion belge répare désormais les machines de ceux qui ont pris sa place. Ce qui l’intéresse vraiment, dit-il, c’est ailleurs : « Ce que j’aime surtout, c’est d’expliquer le cyclisme. Pour nous, tout est logique, mais en réalité, ce sport ne l’est pas du tout. »
Quelle place Philippe Gilbert occupe-t-il dans l’histoire du cyclisme belge ?
Philippe Gilbert appartient au club très restreint des coureurs ayant gagné au moins quatre Monuments différents. Rik Van Looy, Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck les ont toutes remportées. Sean Kelly s’est arrêté à quatre, comme lui, faute d’un Tour des Flandres. Autant dire des époques où le calendrier se courait autrement, et où l’on ne préparait pas une saison entière pour trois dimanches d’avril.
Sa longévité mérite aussi d’être notée : vingt saisons, avec un pic à vingt-huit ans et un Paris-Roubaix gagné à trente-six. Cette capacité à durer, et à se réinventer à mi-carrière, rappelle celle d’un Sylvain Chavanel, autre baroudeur de sa génération, même si les deux hommes n’ont pas rempli les mêmes armoires.
Foire aux questions
Combien de Monuments Philippe Gilbert a-t-il gagnés ?
Cinq victoires sur quatre Monuments différents : le Tour de Lombardie en 2009 et 2010, Liège-Bastogne-Liège en 2011, le Tour des Flandres en 2017 et Paris-Roubaix en 2019. Seule Milan-San Remo manque à sa collection.
Quand Philippe Gilbert a-t-il été champion du monde ?
En 2012, à Valkenburg aux Pays-Bas. Il s’impose après une accélération dans la dernière ascension du Cauberg, la même bosse où il avait gagné l’Amstel Gold Race deux ans plus tôt.
Quel âge a Philippe Gilbert et que fait-il aujourd’hui ?
Né le 5 juillet 1982, il a 44 ans. Il est consultant cyclisme pour Eurosport depuis février 2023, organise deux courses à son nom et gère un magasin de vélos fréquenté par des professionnels.
À retenir
- Vingt saisons professionnelles (2003-2022) et environ quatre-vingts victoires.
- Quatre Monuments différents, un record que seuls quatre autres coureurs partagent.
- Le printemps 2011 reste sa signature : quatre classiques en dix jours, dix-huit victoires sur la saison, numéro un mondial.
- Milan-San Remo, deux fois troisième, demeure l’unique case vide.
- Reconversion à plein temps : Eurosport, organisation de courses, magasin de vélos.
Reste une question que le palmarès ne tranche pas. Un coureur se juge-t-il à ce qu’il a gagné, ou à la seule course qui lui a résisté ? Philippe Gilbert, lui, a déjà répondu : il commente désormais la Primavera chaque mois de mars, micro en main, et personne ne l’a jamais entendu s’en plaindre.
Journaliste passionnée, Nathalie décrypte l’actualité de sport-news.fr au quotidien. Des résultats de compétitions aux conseils d’entraînement, elle transforme les tendances du sport en guides accessibles pour tous les pratiquants. Son crédo : une information fiable et un équipement bien choisi pour performer toute l’année.

