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Les Jeux olympiques d’hiver ont posé leurs valises dans 24 villes différentes depuis 1924 — et le choix du lieu n’a jamais été anodin. Derrière chaque candidature se cache un bras de fer politique, économique et climatique qui façonne l’avenir des sports d’hiver. De Chamonix à Salt Lake City en passant par les Alpes françaises en 2030, voici la géographie complète d’un événement planétaire qui cherche encore sa prochaine destination.
- 25 éditions des Jeux olympiques d’hiver ont été organisées dans 12 pays depuis 1924
- Milano-Cortina 2026, Alpes françaises 2030 et Salt Lake City 2034 sont les trois prochaines villes hôtes confirmées
- Le réchauffement climatique pourrait réduire à 10 le nombre de pays capables d’accueillir les Jeux d’ici 2040
Où ont eu lieu les Jeux olympiques d’hiver depuis 1924 ?
Chamonix, 1924. Seize nations, 258 athlètes, une poignée de disciplines. Ce qui ne devait être qu’une « Semaine internationale des sports d’hiver » est devenu, rétroactivement, la première édition officielle des Jeux olympiques d’hiver. Un siècle plus tard, l’événement rassemble plus de 90 pays et près de 3 000 athlètes.
La liste des villes hôtes dessine une cartographie presque exclusivement européenne et nord-américaine. Saint-Moritz a accueilli les Jeux à deux reprises (1928 et 1948), tout comme Innsbruck (1964 et 1976) et Lake Placid (1932 et 1980). L’Europe concentre à elle seule plus de la moitié des éditions.
Le basculement est venu du Japon. Sapporo, en 1972, a été la première ville hôte en dehors du bloc occidental traditionnel. Puis Nagano en 1998. Et enfin, Pékin en 2022 — première ville de l’histoire à avoir accueilli à la fois les Jeux d’été (2008) et les Jeux d’hiver.
| Année | Ville hôte | Pays | Fait marquant |
|---|---|---|---|
| 1924 | Chamonix | France | Première édition officielle |
| 1928 | Saint-Moritz | Suisse | 1re ville hôte à deux reprises |
| 1936 | Garmisch-Partenkirchen | Allemagne | Dernière édition avant la Seconde Guerre mondiale |
| 1956 | Cortina d’Ampezzo | Italie | Première diffusion TV des Jeux d’hiver |
| 1972 | Sapporo | Japon | 1re édition hors Europe/Amérique du Nord |
| 1984 | Sarajevo | Yougoslavie | 1re édition dans un pays socialiste |
| 1992 | Albertville | France | Dernière édition la même année que les Jeux d’été |
| 1994 | Lillehammer | Norvège | Nouveau cycle décalé de 2 ans |
| 2014 | Sotchi | Russie | Budget record : 51 milliards de dollars |
| 2022 | Pékin | Chine | 1re ville hôte été + hiver |
Quels sont les lieux des prochains Jeux olympiques d’hiver ?
Trois éditions sont d’ores et déjà attribuées. Le calendrier est verrouillé jusqu’en 2034.
Milano-Cortina 2026 — Du 6 au 22 février 2026, l’Italie accueille les Jeux pour la troisième fois. Milan concentre les épreuves de glace (patinage, hockey), tandis que Cortina d’Ampezzo, Bormio et Livigno se partagent les disciplines alpines et nordiques. Soixante-dix ans après les Jeux de Cortina 1956, la station retrouve la scène olympique.
Alpes françaises 2030 — La France redevient terre d’accueil olympique hivernal pour la quatrième fois, après Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992. Les épreuves se répartissent entre la Haute-Savoie, la Savoie, Briançon et Nice — une première pour une ville méditerranéenne. Dates prévues : du 1er au 17 février 2030.
Salt Lake City 2034 — L’Utah retrouve les Jeux, trente-deux ans après l’édition 2002. Salt Lake City accueillera la cérémonie d’ouverture et les épreuves de glace, du 10 au 26 février 2034.
Une coopération inédite entre les trois comités d’organisation (2026, 2030, 2034) a été annoncée début 2026 pour mutualiser les retours d’expérience et optimiser les coûts logistiques.
Pourquoi le lieu des Jeux olympiques d’hiver est-il menacé par le climat ?
Le constat est brutal. À Cortina d’Ampezzo, les températures de février sont en moyenne 3,6 °C plus chaudes qu’il y a soixante-dix ans. Le nombre de jours de gel a chuté d’un cinquième par rapport à la décennie qui a suivi les Jeux de 1956.
Pékin 2022 a poussé le paradoxe à son paroxysme : la quasi-totalité de la neige utilisée était artificielle. Un recours massif qui consomme des quantités colossales d’eau et d’énergie. Selon une étude relayée par Le Devoir, environ 60 % des stations de ski mondiales dépendent désormais de canons à neige.
« D’ici le milieu du siècle, il n’existera pratiquement aucun site capable d’accueillir de manière fiable les sports d’hiver sans enneigement artificiel », alertent plusieurs climatologues spécialisés. Le nombre de pays candidats viables pourrait tomber à 10 d’ici 2040 — contre une vingtaine aujourd’hui.
Pas si simple, pourtant. L’enneigement artificiel lui-même contribue à l’empreinte carbone des Jeux. Un cercle vicieux que le CIO tente de briser en imposant des critères de durabilité aux villes candidates. Les Alpes françaises 2030 misent sur 95 % d’infrastructures existantes. Salt Lake City 2034 réutilisera la plupart de ses sites de 2002.
Comment le CIO choisit-il la ville hôte des Jeux d’hiver ?
Le processus a radicalement changé. Fini les candidatures spectaculaires à coups de milliards. Depuis la réforme de l’Agenda olympique 2020+5, le CIO privilégie un « dialogue ciblé » avec les villes intéressées plutôt qu’une compétition ouverte.
Trois critères dominent désormais la sélection :
- Infrastructures existantes : le CIO favorise les villes qui possèdent déjà 80 % des sites nécessaires
- Engagement climatique : bilan carbone prévisionnel, utilisation d’énergies renouvelables, gestion de l’eau
- Héritage sportif : capacité à transformer les investissements en bénéfices durables pour la population locale
Le budget faramineux de Sotchi 2014 — 51 milliards de dollars, record absolu — a servi de repoussoir. Vancouver 2010 (7 milliards) et Pyeongchang 2018 (13 milliards) ont montré qu’un format plus raisonnable restait possible. La tendance est claire : rationaliser.
Foire aux questions
Quel pays a accueilli le plus de Jeux olympiques d’hiver ?
Les États-Unis arrivent en tête avec quatre éditions (Lake Placid 1932, Squaw Valley 1960, Lake Placid 1980, Salt Lake City 2002). La France suit avec trois éditions (Chamonix 1924, Grenoble 1968, Albertville 1992) et passera à quatre en 2030. Découvrez aussi les records à battre en athlétisme.
Pourquoi les Jeux d’hiver ne sont-ils plus la même année que les Jeux d’été ?
Depuis 1994, le CIO a décalé les Jeux d’hiver de deux ans par rapport aux Jeux d’été. L’objectif : offrir une meilleure visibilité médiatique et commerciale à chaque édition, tout en allégeant la charge organisationnelle.
Les Jeux olympiques d’hiver pourraient-ils disparaître à cause du réchauffement climatique ?
Pas à court terme, mais l’inquiétude est réelle. D’ici 2040, seule une dizaine de pays disposeront de conditions climatiques suffisantes. Le CIO explore des pistes comme la rotation entre un nombre restreint de villes ou l’utilisation systématique de sites en très haute altitude. Pour en savoir plus sur l’évolution du sport mondial, consultez notre article sur les records sportifs les plus incroyables.
- 25 éditions ont été organisées dans 12 pays, avec une forte concentration en Europe et en Amérique du Nord
- Les trois prochaines éditions sont attribuées : Milano-Cortina 2026, Alpes françaises 2030, Salt Lake City 2034
- Le réchauffement climatique redessine la carte des villes capables d’accueillir les Jeux d’hiver
- Le CIO impose des critères de durabilité et favorise la réutilisation d’infrastructures existantes
Et si, dans vingt ans, les Jeux olympiques d’hiver ne se disputaient plus que dans cinq ou six villes au monde, toujours les mêmes, tournant en boucle comme un manège blanc ? Le lieu des Jeux d’hiver n’est plus seulement une question de prestige national. C’est devenu un thermomètre — au sens propre — de l’état de la planète.
Journaliste passionnée, Nathalie décrypte l’actualité de sport-news.fr au quotidien. Des résultats de compétitions aux conseils d’entraînement, elle transforme les tendances du sport en guides accessibles pour tous les pratiquants. Son crédo : une information fiable et un équipement bien choisi pour performer toute l’année.
