Super Ballon d’Or : l’histoire du trophée le plus rare du football

super ballon d'or trophée histoire football

⏱ Temps de lecture : 6 min

Le super ballon d’or n’a été remis qu’une seule fois dans l’histoire du football. Le 24 décembre 1989, veille de Noël, Alfredo Di Stéfano recevait des mains de France Football une distinction qu’aucun joueur — ni Pelé, ni Maradona, ni Messi — n’a jamais obtenue depuis. Un trophée fantôme, presque oublié, qui resurgit pourtant régulièrement dans les débats. Retour sur les coulisses d’un sacre controversé et sur l’avenir incertain de cette récompense unique.

📌 Ce qu’il faut retenir

  • Le super ballon d’or a été décerné une seule fois, en 1989, à Alfredo Di Stéfano
  • Le vote populaire avait désigné Platini, mais le jury et les anciens lauréats ont renversé le résultat
  • Des rumeurs évoquent un retour en 2029, sans confirmation officielle de France Football

Pourquoi le super ballon d’or a-t-il été créé en 1989 ?

L’idée vient d’un anniversaire. En 1989, le Ballon d’Or fête ses trente ans d’existence. La rédaction de France Football, créatrice du trophée original en 1956, veut marquer le coup. Pas avec un simple dossier rétrospectif. Quelque chose de plus grand.

Le concept est ambitieux : désigner le meilleur joueur des trois décennies écoulées, de 1959 à 1989. Trente ans de football condensés en un seul nom. Un exercice impossible, en réalité, tant les époques diffèrent. Mais France Football assume le pari.

Pour donner du poids à la décision, le magazine conçoit un système de vote triple. Trois collèges distincts : un jury de 27 journalistes de la rédaction, 19 anciens lauréats du Ballon d’Or, et le grand public (lecteurs et téléspectateurs). Chaque voix compte. Du moins en théorie.

Qui étaient les candidats au super ballon d’or en 1989 ?

Seuls les joueurs ayant remporté au moins un Ballon d’Or pouvaient prétendre au titre. Ce filtre réduit drastiquement le champ. Quatre noms émergent au-dessus du lot : Alfredo Di Stéfano, Johan Cruyff, Michel Platini et Franz Beckenbauer. Quatre monuments. Quatre visions du jeu.

Di Stéfano, l’Argentin naturalisé espagnol, porte avec lui cinq Coupes d’Europe consécutives avec le Real Madrid (1956-1960) — un exploit que personne n’a jamais égalé. Cruyff incarne la révolution du football total. Platini, le génie français, triple Ballon d’Or consécutif entre 1983 et 1985. Beckenbauer, le Kaiser, a réinventé le poste de libéro.

Le cinquième dans le classement final ? Kevin Keegan. Surprenant, presque incongru à côté de ces légendes.

Candidat Jury France Football (27 votes) Anciens lauréats (19 votes) Vote du public Classement final
Alfredo Di Stéfano 11 voix 8 voix 4e 🥇 1er
Johan Cruyff 9 voix 2e 2e 🥈 2e
Michel Platini 5 voix 3e 1er (54 %) 🥉 3e
Franz Beckenbauer 2 voix 3e 4e
Kevin Keegan 5e

Comment Di Stéfano a-t-il gagné malgré le vote populaire ?

C’est le nœud de l’histoire. Et probablement la raison pour laquelle ce trophée reste entouré de mystère.

Le public avait tranché. Massivement. Michel Platini récoltait 54 % des suffrages des lecteurs et téléspectateurs. Di Stéfano ? Quatrième. Loin derrière. Le Français était le choix du peuple, porté par une génération qui l’avait vu briller à l’Euro 84 et en Serie A.

Mais France Football avait conçu le système de manière à donner plus de poids aux experts. Le jury de la rédaction place Di Stéfano en tête avec 11 voix sur 27. Les anciens Ballons d’Or confirment : 8 voix sur 19 pour l’Argentin. Deux collèges sur trois. Le résultat est sans appel sur le plan arithmétique, mais pas si simple à accepter pour le grand public français.

Sir Bobby Charlton, lui-même Ballon d’Or 1966, résumait l’aura du vainqueur en une phrase : « Di Stéfano est le joueur le plus complet que j’aie jamais vu. » Quand un champion du monde anglais dit cela d’un Argentin, le débat perd un peu de sa substance.

Quel est le palmarès de Di Stéfano avec le Real Madrid ?

Les chiffres donnent le vertige. 308 buts en 396 matchs officiels sous le maillot blanc. Onze saisons de domination absolue. Deux Ballons d’Or individuels (1957 et 1959). Mais au fond, ce sont les titres collectifs qui ont pesé dans le vote.

Cinq Coupes d’Europe consécutives. De 1956 à 1960, le Real Madrid écrase tout. Di Stéfano marque dans chacune des cinq finales — un fait que même les plus grands attaquants de l’histoire n’ont jamais répliqué. 49 buts en 58 matchs de Coupe d’Europe. Une efficacité brutale.

Il faut replacer l’exploit dans son contexte : pas de rotation, pas de préparation physique scientifique, des terrains souvent impraticables. Di Stéfano jouait partout sur le terrain. Attaquant, meneur, parfois défenseur. Un joueur total avant que le terme n’existe.

Le super ballon d’or va-t-il revenir en 2029 ?

Depuis quelques années, la rumeur enfle. 2029 marquera le quarantième anniversaire de la première — et unique — édition. Le compte est presque trop parfait pour être ignoré.

Dès 2023, plusieurs médias ont évoqué un retour du super ballon d’or, avec Lionel Messi en favori écrasant. Huit Ballons d’Or contre cinq pour Cristiano Ronaldo : le dossier statistique parle de lui-même. En 2025, de nouvelles rumeurs ont circulé, suggérant que le trophée pourrait être remis directement à Messi. Rien ne s’est concrétisé.

Le problème est structurel. Depuis 2024, le Ballon d’Or est organisé conjointement par France Football et l’UEFA, via un partenariat officiel. Toute décision majeure implique désormais deux institutions aux intérêts pas toujours alignés. Un super ballon d’or en 2029 nécessiterait un accord que personne n’a encore formalisé.

Si cette édition voyait le jour, le format du vote serait un sujet brûlant. Reproduire le système de 1989, où les experts peuvent renverser le choix du public ? Impensable à l’ère des réseaux sociaux. Mais laisser le vote uniquement aux fans transformerait le trophée en concours de popularité. Le dilemme reste entier.

Foire aux questions

Qui a gagné le super ballon d’or ?
Alfredo Di Stéfano est l’unique lauréat du super ballon d’or, décerné le 24 décembre 1989 par France Football. Il a devancé Johan Cruyff et Michel Platini au terme d’un vote combinant jury d’experts, anciens lauréats et grand public.

Pourquoi le super ballon d’or n’a-t-il été remis qu’une seule fois ?
France Football avait conçu ce trophée comme une célébration exceptionnelle du trentième anniversaire du Ballon d’Or. Il n’a jamais été prévu comme une récompense récurrente, et la polémique autour du vote a probablement découragé toute réédition immédiate.

Messi peut-il recevoir un super ballon d’or en 2029 ?
Rien n’est confirmé. Si France Football et l’UEFA décidaient de relancer le trophée pour le quarantième anniversaire, Lionel Messi serait le favori naturel grâce à ses huit Ballons d’Or. Mais aucune annonce officielle n’a été faite à ce jour.

📌 À retenir

  • Le super ballon d’or reste le trophée individuel le plus rare du football mondial — un seul lauréat en plus de 35 ans
  • Di Stéfano l’a emporté grâce aux experts malgré un vote populaire largement favorable à Platini (54 %)
  • Un retour en 2029 est évoqué mais non confirmé — Messi serait le grand favori face à Ronaldo

Le super ballon d’or occupe une place à part dans l’imaginaire du football. Ni trophée annuel, ni distinction honorifique — quelque chose entre les deux. Un objet unique, décerné un soir de réveillon à un homme qui avait quitté les terrains depuis 23 ans. Si 2029 lui donne un successeur, il faudra résoudre une équation que même France Football n’a pas su trancher en 1989 : qui décide vraiment de la grandeur d’un joueur — ceux qui l’ont vu jouer, ou ceux qui l’ont affronté ?

Pour aller plus loin dans l’univers du football, découvrez comment devenir footballeur professionnel, ou explorez les records encore à battre en athlétisme.

Retour en haut